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Coolitude à la provençale

Coolitude à la provençale

Annie Bousquet, chambre d'hôtes les Manaux à Roque

En Provence comme ailleurs, il y a des caractères. Mais il y a une façon bien provençale de savoir jouir des bonheurs du pays en toute conscience. Pour en connaître les secrets, il suffit de faire un tour chez Annie, aux chambres d’hôtes Les Manaux.

Dans le pays aubagnais, accroché aux pentes du Garlaban, le petit village de Lascours est un coin à part, en retrait total de la relative frénésie de la vallée. C’est dans cette campagne paisible et radieuse qu’Annie Bousquet a choisi il y a 12 ans de bâtir un lieu d’accueil à son image. Point de pelouse ici ni d’aucun artifice : seuls la gaité, l’harmonie et les délices de la Provence sont de mise.

Dans une vie précédente, elle a été journaliste à La Marseillaise. Maintenant qu’elle ne noircit plus le papier, elle se consacre toute entière à illuminer le séjour des convives d’un optimisme forcément contagieux. « Communiquer avec les autres et partager les bonnes choses, j’étais faite pour ça », lance-t-elle. « Pour moi, la question de faire des chambres d’hôte ne s’est pas posée un seul instant ».

En arrivant et en cherchant un peu, il ne faudra pas s’étonner de la trouver endormie sous les abricotiers. Leçon essentielle : en Provence, la sieste nonchalante est un art qui se cultive en même temps que le jardin. Un jardin nourricier et entièrement naturel dont vous retrouverez d’ailleurs toutes les saveurs dans votre assiette. Et si un légume vient à manquer, Annie va le chercher chez un des producteurs bio du coin. En ces lieux qui virent naître les premières AMAP, nul n’est besoin d’aller chercher trop loin.

Pour le plaisir des convives - qu’elle ne sait traiter qu’en amis - autant que par respect envers sa propre gourmandise, elle n’invite en fait à sa table que les meilleurs produits. De la viande aux incontournables fromages de chez Bellon à Aubagne, en passant par les bons poissons frais d’une authentique bouillabaisse. Mais le plaisir évidemment ne s’arrête pas aux bonheurs de la demeure.

Face aux contreforts de la Sainte-Baume qui emplissent l’espace de l’autre côté de l’Huveaune, l’appel des collines est immédiat. Qu’à cela ne tienne, Annie met les chaussures de marche et tout le monde lui emboîte le pas. Sur les sentiers où résonne encore l’écho des souvenirs de Pagnol, vous entendrez alors peut-être s’approcher la cloche d’un mouton. Ayant atteint la croix de Garlaban, il n’y a plus qu’à redescendre en profitant du paysage.

Et là quel bonheur, après une marche « en plein cagnard », de goûter au repos dans un des trois cabanons conçus avec goût… Et avec conscience ! Car depuis toujours il en va pour Annie de la nourriture comme de la maison, c’est le naturel qui prime. Autant dans le choix des matériaux que dans la déco où les vasques en olivier côtoient les tissus de brocante.